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Interdiction des plastiques : « Une mesure salutaire, mais le délai doit être repoussé »,( Amadou Sékou, environnementaliste)

À travers un communiqué officiel, le gouvernement guinéen, par le biais du ministère de l’Environnement et du Développement Durable, a annoncé l’interdiction de la production, de la commercialisation et de l’utilisation des plastiques à usage unique sur l’ensemble du territoire national à compter du 21 septembre.

Dans une interview exclusive accordée à notre rédaction ce lundi, Amadou Sékou Diakité, coordinateur national du Réseau National de la Société Civile pour l’Environnement et le Développement Durable, a livré son analyse sur cette décision d’envergure.

« Nous prenons acte de cette décision gouvernementale », déclare-t-il d’emblée.

« Tout acte administratif présente des aspects positifs et négatifs. À Conakry, la pollution plastique est omniprésente. Sur le site de la décharge de Dar-Es-Salam, qui a récemment causé d’importants dégâts, l’accumulation de ces plastiques pose de graves problèmes environnementaux et sanitaires. »

Concernant le défi de l’accès à l’eau et de l’acceptabilité sociale, l’activiste soulève néanmoins la réalité économique des ménages et les défaillances des services publics :

« Si l’eau potable était distribuée en quantité et en qualité suffisantes par la Société des Eaux de Guinée (SEG), nous ne verrions pas cette prolifération de forages et de sachets d’eau. Tout le monde n’a pas les moyens d’acheter quotidiennement un bidon d’eau à 3 000 GNF. Si l’arrêté n’est pas immédiatement appliqué le 21 septembre, c’est en raison d’un manque d’acceptabilité sociale. Un tel texte doit être expliqué et vulgarisé avant d’entrer en vigueur. »

Abordant la question des conséquences économiques et logistiques majeures, notre interlocuteur a fait savoir que : « L’intention est bonne, car la mesure vise à déboucher les caniveaux, prévenir les inondations et réduire les risques sanitaires. Cependant, sur le plan économique, de nombreuses industries fabriquent ces emballages. Leur fermeture entraînera des pertes d’emplois et d’importantes difficultés pour de nombreuses familles, tout en alourdissant le panier de la ménagère. Se pose également la question de la gestion des flux de marchandises à nos frontières. »

Face à ces enjeux, le coordinateur du réseau demande un réaménagement du calendrier ministériel : « Le délai fixé au 21 septembre est trop court. Nous invitons le gouvernement à reporter l’application de cette mesure à la fin de l’année. Ce report permettrait d’organiser des campagnes de sensibilisation et d’information du public, y compris du porte-à-porte, pour faire comprendre aux citoyens que cet arrêté vise à les protéger et non à les punir. »

Il insiste sur la nécessité d’associer plusieurs départements ministériels (Commerce, Industrie, Économie et Finances) et d’engager un accompagnement structuré, tout en renforçant les capacités de la SEG pour garantir un accès universel à l’eau potable.

« Nous appelons le gouvernement à collaborer avec la société civile et les médias pour mener à bien cette campagne d’information. C’est une mesure salutaire pour notre santé et notre avenir, mais le délai doit être repoussé pour garantir son succès », conclut-il.

À noter : depuis la publication du communiqué, les médias n’ont pas encore été associés à une campagne d’information d’envergure, et aucune solution alternative à l’utilisation du plastique n’a été proposée à ce jour. Reste à savoir si l’application de l’arrêté sera effective à la date prévue.

Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org

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