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433 MILLIARDS : Le marché qui fait trembler la corniche Tombo-Port Autonome.

Entre interrogations financières et présomption d’innocence, le dossier de la corniche Nord s’impose comme l’une des affaires les plus sensibles du moment.

Près de 434 milliards de francs guinéens pour la reconstruction et l’aménagement d’un tronçon environ 2,3 Kilomètres, en 2 fois 2 reliant le rond-point du port autonome de Conakry de Tombo, Hôtel Riviera. Le marché inscrit dans le cadre du programme Simandou 2040 a été attribué à l’entreprise GUICOPRESS-BTP. L’Administration et contrôle des Grands Projets(ACGP) confirme officiellement le projet, sa longueur est de 232 ,476 mètres, et l’entreprise GUICOPRESSE-BTP comme chargée de l’exécution des travaux. Mais aujourd’hui, ce marché ne fait plus seulement parler pour son importance stratégique. Il est devenu le centre d’un faisceau d’interrogations sur la gestion des biens publics. Dans l’opinion publique la question est simple. Comment expliquer un marché de près de 434 milliards de francs guinéens pour environ 2,3 Kilomètres ? La question est légitime, mais elle mérite une réponse technique, et non une conclusion précipitée. Le projet ne concerne pas uniquement le revêtement de la chaussée. L’ACGP précise qu’il s’agit d’une infrastructure comprenant notamment les travaux de terrassement, de chaussée, d’assainissement et de drainage, les aménagements des carrefours ainsi que les ouvrages d’art. Il faut donc examiner le metré, les prix unitaires, les quantités, les ouvrages prévus et les différentes prestations avant de pouvoir parler de la surfacturation.

                                                Un marché officiellement documenté.

Le dossier n’est pas un marché fantôme. L’Autorité de Régulation des Marchés Publics(ARMP) a publié un avis d’appel d’offres restreint relatif aux travaux de reconstruction et d’aménagement de la corniche Nord avec également la publication du procès-verbal d’attribution provisoire du marché. Il faut distinguer le montant du marché des sommes effectivement versées et d’un éventuel montant détourné. GUICOPRESS c’est l’entreprise attributaire, tandis que BETEC SA assure le contrôle et la supervision. Toute irrégularité devrait être précisément située : préparation, évaluation, attribution, prix, paiement ou exécution. La responsabilité de chacun devrait ensuite être située.

La réponse ne viendra ni des rumeurs ni des réseaux sociaux, mais des contrats, des expertises, de la traçabilité des paiements et de la justice. Ce qu’on peut affirmer avec exactitude c’est le limogeage de trois commis de l’Etat : Mourana SOUMAH, Mory CONDE et Mahamadou Diallo le 21 Aout 2026.Le décret de limogeage ne précise pas les faits reprochés aux trois personnalités. Quelques heures après le limogeage, la décision a été replacée dans le cadre de la lutte contre la corruption et de l’exigence d’exemplarité dans l’administration publique. Dans un message publié après son court congé, le chef d’Etat a notamment affirmé qu’aucune fonction : aucun rang, aucune proximité avec le pouvoir de devait protéger un responsable face à la rigueur républicaine. Pour une raison de moralisation des affaires publiques les trois commis de l’Etat débarqués dans le navire de la gestion des affaires publiques ne devraient pas attendre une décision de l’exécutif ils auraient dû rendre démission parce que tout simplement ils étaient mis en examen. La façon de donner l’exemple dans la postérité c’est de donner l’exemple.

                                                                                                          Amara Naby CAMARA