Urgent / Référendum du 21 septembre : la Synergie des faîtières de la société civile guinéenne dénonce des irrégularités
À l’issue d’un point de presse tenu ce lundi 15 septembre à la Maison des jeunes de Kipé, la Synergie des faîtières de la société civile guinéenne s’est exprimée sur le déroulement de la campagne relative au scrutin référendaire prévu pour le 21 septembre prochain, tout en dénonçant plusieurs irrégularités.
Dans une déclaration lue par Ange Gabriel Haba, la Synergie a exprimé ses préoccupations quant à la conduite de la campagne, qu’elle estime susceptible d’affecter la qualité du débat citoyen ainsi que la compréhension des enjeux réels du scrutin par la population.
« Depuis l’ouverture de la campagne référendaire, le 6 septembre 2025, la Synergie des faîtières de la société civile pour l’observation du scrutin suit de près toutes les mobilisations en faveur du OUI ou du NON au projet de nouvelle Constitution. La Synergie rappelle que son objectif est de garantir un scrutin crédible, intègre et apaisé. Sa mission repose sur les principes d’impartialité, de transparence, de redevabilité et de participation citoyenne, conformément à la législation nationale et aux bonnes pratiques », a déclaré M. Haba.
Toutefois, à l’issue de ses observations préliminaires, la Synergie relève avec inquiétude certaines pratiques et perceptions pouvant nuire à la qualité du débat démocratique, notamment :
1. Confusion entre le soutien au projet de Constitution et le soutien à la personne du Président de la République
La Synergie observe que, dans de nombreux discours et supports de campagne, la nouvelle Constitution est présentée comme un acte de loyauté envers le président en exercice. Cette confusion porte atteinte à la nature réelle du texte constitutionnel, qui est censé être un instrument juridique suprême destiné à régir durablement la vie collective au-delà des enjeux politiques immédiats.
2. Réduction du débat à un affrontement partisan
La campagne est souvent réduite à une confrontation entre partisans et opposants au chef de l’État, ce qui dénature la portée du référendum. Cette situation entraîne plusieurs risques :
Détournement du sens du vote : les électeurs risquent de voter en fonction de leur opinion sur le président, et non sur le contenu du texte constitutionnel.
Affaiblissement de la légitimité du processus : si le référendum est perçu comme un plébiscite pour ou contre le Président, la Constitution pourrait perdre sa valeur consensuelle et fondatrice.
Exacerbation des clivages sociaux et politiques : la polarisation nuit au débat de fond et empêche l’émergence d’un consensus national.
Mauvaise compréhension citoyenne : mal informé, le citoyen pourrait ne pas s’approprier pleinement le texte, pourtant élaboré à l’issue d’un processus de consultation nationale.
Recommandations
Afin de préserver la crédibilité du scrutin et la portée historique du référendum, la Synergie formule plusieurs recommandations :
Aux acteurs politiques, leaders d’opinion et membres du gouvernement :
Dissocier clairement dans leurs discours le projet de Constitution de la personne du Président ;
Centrer la campagne sur les dispositions du texte, en expliquant leurs implications pour la démocratie, la gouvernance et les droits des citoyens ;
Promouvoir un climat de tolérance et d’ouverture afin de permettre à toutes les sensibilités de s’exprimer librement.
Aux organisations de la société civile :
Intensifier les actions de sensibilisation citoyenne, neutres et pédagogiques, notamment dans les zones rurales et périurbaines ;
Mettre en place des plateformes d’éducation civique et de débats communautaires pour éclairer les électeurs sur le contenu du projet ;
Observer de manière rigoureuse la campagne et le déroulement du scrutin afin de contribuer à la transparence du processus et à la consolidation de la démocratie en Guinée.
« La Constitution n’est pas la propriété d’un individu ou d’un régime ; elle est le pacte social suprême, qui engage et protège l’ensemble de la communauté nationale. La confondre avec un simple soutien politique revient à réduire l’avenir collectif de la Nation à des considérations partisanes et éphémères », a souligné l’activiste.
La Synergie des faîtières de la société civile guinéenne pour l’observation du scrutin référendaire en appelle à la responsabilité de tous les acteurs impliqués. Elle exhorte chacun à faire en sorte que ce référendum constitue une opportunité historique de renforcer la démocratie, l’État de droit et l’unité nationale.
Par Bountou Sylla, pour lerenifleur224.com

