Nadoua Bangaly, l’icône méconnue aujourd’hui qui a porté le cinéma guinéen sur la scène mondiale
Dans le panthéon des figures artistiques de la Guinée, un nom résonne avec une particulière gravité parmi les initiés du 7ᵉ art : Nadoua Bangaly. Également connu sous les noms de scène de Bangaly Sodia, Fama, N’Tamangnon ou Amoudou Sènèkèla. Cet homme est bien plus qu’un simple artiste ; il est considéré par beaucoup comme l’un des véritables fondateurs du cinéma guinéen moderne, celui qui en a ouvert les portes à une reconnaissance internationale.
Son héritage, pourtant colossal, semble aujourd’hui attendre une consécration à la hauteur de son engagement. Une voix s’élève pour que la nation honore enfin ce bâtisseur de sa culture.
Un pionnier aux multiples visages:
Artiste complet, Nadoua Bangaly a marqué son temps par son talent et sa vision. Son travail, tant devant que derrière la caméra, a offert au cinéma guinéen ses premières lettres de noblesse au-delà des frontières nationales. À une époque où le cinéma africain peinait à émerger sur la scène mondiale, il a su imposer un style, une narration et une authenticité qui ont forcé l’admiration.
Ses proches et les historiens du cinéma se souviennent d’un homme dévoué corps et âme à son art, œuvrant sans relâche pour l’émancipation et le rayonnement du patrimoine culturel guinéen. Il n’était pas seulement un acteur ou un réalisateur ; il était un passeur de récits, un conteur moderne qui a inscrit les histoires de la Guinée dans la grande histoire du cinéma.
Un appel solennel pour une reconnaissance nationale
Aujourd’hui, son parcours rencontre l’histoire de nombreux autres pionniers africains : celle d’un talent immense qui risque de s’effacer dans la mémoire collective sans une action forte des institutions. Son nom circule dans les cercles cinéphiles, mais mériterait, selon ses admirateurs et les défenseurs du patrimoine culturel, d’être sanctifié par la nation qu’il a si bien représentée.
Un appel est lancé aux plus hautes instances de l’État pour qu’elles se penchent sur le cas de ces vaillants anciens, ces « grands sages » de la culture qui ont bâti les fondations sur lesquelles les créateurs d’aujourd’hui peuvent s’appuyer. La balle est désormais dans le camp des décideurs.
Les institutions interpellées:
La demande est claire et ciblée : les ministères et secrétariats en charge de la culture et de la mémoire nationale sont invités à agir.
. Le Ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat est en première ligne pour initier des projets de commémoration, donner son nom à des institutions ou créer des bourses en son honneur.
La Présidence de la République et le Secrétariat Général du Gouvernement ont le pouvoir d’élever sa contribution au rang de « trésor national », lui offrant ainsi la postérité officielle que son œuvre mérite.
La question qui subsiste est : la Guinée saura-t-elle honorer ses plus grands enfants de leur vivant, ou devra-t-elle, comme trop souvent, se contenter de hommages posthumes ? Pour Nadoua Bangaly, le temps de la reconnaissance semble plus que venu.
Une publication de Mory Oulén Camara
Journaliste à la DCI-PRG

