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La parenté à plaisanterie : un pilier vivant de notre héritage culturel !

Dans un monde en proie à la fragmentation identitaire, à la montée des tensions communautaires et à l’effritement du lien social, il est plus que jamais nécessaire de revisiter les fondements de nos sociétés traditionnelles pour y puiser des outils de cohésion et de paix. Parmi ces fondements, la parenté, le cousinage ou l’alliance à plaisanterie occupe une place centrale. Trop souvent reléguée au rang de folklore ou perçue comme une simple curiosité coutumière, elle mérite pourtant d’être reconnue pour ce qu’elle est réellement : un mécanisme sophistiqué de régulation sociale, de réconciliation et de dialogue intercommunautaire. La plaisanterie entre groupes alliés dépasse largement le cadre anecdotique de nos us et coutumes : elle incarne une démarche significative de reconquête identitaire, un ferment d’unité sociale et un levier essentiel de perpétuation des principes fondateurs de notre vivre-ensemble. À travers les joutes verbales, les taquineries codifiées et les échanges empreints d’humour et de respect, ce système permet d’aborder les différends avec légèreté, de désamorcer les conflits et de rappeler, avec finesse, les obligations morales et sociales qui unissent les membres d’une même communauté ou de groupes apparentés.
En cultivant la parole rieuse plutôt que la parole blessante, la parenté à plaisanterie enseigne la tolérance, la reconnaissance de l’autre dans sa différence, et l’ancrage dans un passé partagé. Elle dépasse les appartenances ethniques ou régionales pour tisser des liens transversaux, intergénérationnels et durables. Dans des contextes souvent marqués par la méfiance, elle réintroduit la confiance.
Il est donc urgent de restaurer la place de cette pratique dans nos politiques éducatives, culturelles et de développement. Car au-delà de son caractère ludique, elle nous rappelle que nos sociétés ont su, bien avant l’écriture du droit moderne, inventer des mécanismes subtils de paix sociale fondés sur la parole, la mémoire, l’humour et le respect.
Que cela soit écrit, retenu et appliqué par tous. Même par les Diakanké, dont la comprenette – comme chacun le sait – demande parfois un petit délai de traitement !
Abou Maco