SALEC 2026 à Conakry : Kadiatou Kaba lance un appel solennel aux jeunens guinéens à s’intéresser à la Lecture
Dans une salle acquise à la cause du livre, acteurs culturels, journalistes et partenaires ont répondu présents ce lundi 06 avril 2026,à l’hôtel kaloum de Conakry pour le lancement officiel de la sixième édition du Salon de la lecture (SALEC). À quelques heures de l’ouverture prévue du 7 au 10 avril au Palais du Peuple, les organisateurs ont donné le ton : cette édition se veut celle de la maturité et de l’impact.Au pupitre, Kadiatou Kaba plante le décor avec conviction. D’une voix assurée, elle défend une vision qui dépasse largement le cadre d’un simple rendez-vous littéraire. « Lire la terre, semer le savoir : quand la lecture fait germer l’agriculture », annonce-t-elle, en dévoilant le thème de cette année. Un choix loin d’être anodin, qui traduit la volonté de connecter le livre aux réalités économiques du pays.
Face à la presse, la commissaire générale n’élude pas les difficultés. Elle dresse un constat préoccupant sur l’accès au livre en Guinée, pointant du doigt l’absence criante de bibliothèques dans de nombreux établissements scolaires. Une situation qui, selon elle, freine considérablement l’éveil à la lecture dès le plus jeune âge.« Comment développer l’amour du livre quand l’enfant n’y a pas accès ? », interroge-t-elle, avant de plaider pour une mobilisation collective autour de cette problématique.
Mais loin de se limiter au diagnostic, le SALEC entend proposer des solutions concrètes. Pour cette édition, les jeunes occupent une place centrale. Espaces d’échanges, rencontres littéraires, activités éducatives… tout est pensé pour susciter l’intérêt et créer une véritable dynamique autour de la lecture.
« Il faut leur donner la parole et leur montrer que la lecture peut être un levier d’avenir », insiste Kadiatou Kaba.
Autre innovation majeure : le pont établi entre culture et agriculture. Dans un pays aux vastes potentialités agricoles, les organisateurs veulent changer les perceptions et encourager une nouvelle génération à s’investir dans ce secteur. Pour Kadiatou Kaba, les deux univers partagent une même exigence : « inspiration et transpiration ».
Dans la salle, les réactions sont attentives. Parmi les intervenants, Bernard Beavogui, représentant du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, prend la parole pour saluer l’initiative. Il souligne la montée en puissance progressive du salon, qui, selon lui, dépasse désormais les frontières nationales.
« Aujourd’hui, le SALEC attire l’attention bien au-delà de la Guinée », affirme-t-il, évoquant une reconnaissance à l’échelle africaine et internationale.
Dans son intervention, il rend également hommage à l’engagement des organisateurs, tout en appelant à consolider les acquis. S’adressant aux professionnels des médias présents, il insiste sur le rôle fondamental de la lecture dans la pratique journalistique :
« Un bon journaliste est d’abord un bon lecteur », lance-t-il, comme un rappel à l’ordre.
Cette année, le salon franchit un cap avec la participation annoncée d’une dizaine de pays, une première qui témoigne de son ouverture croissante. Une évolution qui conforte l’ambition des initiateurs : faire du SALEC une plateforme d’échanges, mais aussi un outil de transformation sociale.
Au fil des interventions, une même conviction se dégage : la lecture doit être replacée au cœur des priorités nationales. En s’inscrivant dans une dynamique qui lie éducation, culture et développement économique, le SALEC entend jouer pleinement sa partition.
Dans les couloirs, les discussions se prolongent, preuve de l’intérêt suscité par l’événement. À Conakry, le compte à rebours est désormais lancé. Et cette sixième édition pourrait bien marquer un tournant décisif dans la promotion du livre en Guinée.
Décryptage :Mohamed jr camara
