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Projet Simandou : « Une juridiction spécialisée garantira la rigueur nécessaire pour protéger nos ressources… » Estime Mohamed Diawara

La République de Guinée, souvent surnommée le « scandale minier » en raison de l’immensité de ses ressources naturelles, s’engage sur la voie d’une gestion responsable et équitable de ses richesses. Parmi les initiatives phares du programme Simandou 2040 figure la création d’un tribunal minier. Mohamed Diawara, président du Tribunal du Travail de Conakry, a mis en lumière les enjeux et les opportunités qu’une telle juridiction pourrait offrir.

Selon Mohamed Diawara, la mise en place d’un tribunal minier vise avant tout à garantir une justice efficace et adaptée aux spécificités du secteur. Les conflits complexes liés aux contrats, aux taxes ou encore aux droits des communautés locales nécessitent une expertise juridique spécialisée. « Ce tribunal permettra un traitement rapide et équitable des litiges, évitant ainsi des blocages préjudiciables au développement économique du pays », a-t-il souligné.

Le secteur minier, pilier de l’économie guinéenne, est particulièrement vulnérable aux pratiques frauduleuses et illégales. Mohamed Diawara insiste sur le rôle crucial que jouerait un tribunal minier pour sanctionner les infractions, renforcer la transparence et lutter efficacement contre la corruption.

« Une juridiction spécialisée garantira la rigueur nécessaire pour protéger nos ressources et leur exploitation », affirme-t-il.

Les zones minières sont souvent synonymes de défis pour les populations environnantes : déplacements forcés, dégradation de l’environnement et conflits fonciers. Le président du Tribunal du Travail de Conakry rappelle que ce tribunal serait un outil de justice sociale, protégeant les droits des communautés locales et appliquant rigoureusement les lois environnementales.

Attirer et retenir des investisseurs dans le secteur minier guinéen passe par un cadre juridique clair et fiable. Mohamed Diawara estime que la création d’un tribunal minier renforcerait la crédibilité de la Guinée sur le marché international.

« En instaurant un climat de confiance, nous ferons de notre pays une destination d’investissement sûre et compétitive », a-t-il affirmé.

Pour Mohamed Diawara, la mise en place d’un tribunal minier s’inscrit dans une dynamique de souveraineté économique et de justice sociale. Elle limiterait le recours aux arbitrages internationaux souvent perçus comme défavorables aux États africains.

« Ce projet est un levier essentiel pour garantir une exploitation minière responsable et durable, au bénéfice de toutes les parties prenantes », conclut-il.

La Guinée, riche de ses ressources, se donne ainsi les moyens de transformer son potentiel minier en moteur de développement économique et social. Le tribunal minier proposé dans le cadre du programme Simandou 2040 est une preuve concrète de cet engagement.

Ci-dessous la note du juge Mohamed Diawara

Grâce à l’immensité de ses ressources en sous-sol et à la présence de nombreuses entreprises évoluant dans la bauxite, l’or, le fer, le diamant et d’autres minerais, la République de Guinée est souvent qualifiée de « scandale minier ».

Pour permettre à la population guinéenne de tirer pleinement profit de ces ressources, les autorités multiplient les efforts pour faire du projet Simandou une réalité.

La mise en place d’un tribunal minier dans le cadre du programme Simandou 2040 revêt une importance capitale, compte tenu de l’ampleur et de l’impact de ce projet pour la Guinée. Cette initiative répond à plusieurs enjeux majeurs, détaillés ci-dessous :

1. Garantir une justice spécialisée et efficace

Le secteur minier est caractérisé par des problématiques complexes, nécessitant une expertise juridique adaptée :

• Réglementations complexes : Les litiges liés aux contrats d’exploitation, aux licences, aux taxes ou encore aux droits des communautés locales exigent une connaissance approfondie du droit minier.

• Traitement rapide des conflits : Les différends prolongés peuvent ralentir les activités minières et décourager les investisseurs. Un tribunal spécialisé garantirait une résolution rapide et efficace de ces conflits.

2. Lutter contre la corruption et les abus

Le secteur minier est particulièrement exposé aux pratiques illégales, notamment :

• La corruption et la fraude.

• L’extraction artisanale non réglementée et les exportations non déclarées.

Un tribunal minier jouerait un rôle clé pour :

• Juger rapidement les infractions liées à la gestion des ressources.

• Renforcer la transparence et la lutte contre la corruption dans l’industrie minière.

3. Protéger les droits des communautés locales

Les communautés vivant à proximité des zones d’exploitation minière font face à de nombreux défis, tels que :

• Les déplacements forcés.

La dégradation de l’environnement.

• La violation des droits de propriété.

Un tribunal minier offrirait des garanties en :

• Assurant une prise en charge équitable et rapide des plaintes.

Appliquant rigoureusement les lois environnementales et sociales, en cohérence avec les objectifs du programme Simandou 2040.

4. Favoriser la confiance des investisseurs

Un cadre juridique clair et équitable est essentiel pour attirer les investissements. La mise en place d’un tribunal minier permettrait de :

• Réduire les risques de litiges prolongés et de pratiques arbitraires.

• Renforcer la crédibilité de la Guinée en tant que destination d’investissement fiable et sécurisée.

5. Encadrer les partenariats public-privé

Le programme Simandou 2040 repose sur des collaborations étroites entre l’État guinéen et des multinationales. Un tribunal minier serait essentiel pour :

• Gérer les différends contractuels.

• Superviser les obligations légales des partenaires.

Il pourrait également :

• Sanctionner le non-respect des normes environnementales et des engagements sociaux.

• Promouvoir une exploitation responsable et durable des ressources naturelles.

6. Renforcer la souveraineté économique

La création d’une juridiction minière spécialisée permettrait à la Guinée de :

• Garder le contrôle sur la gestion de ses ressources minières.

• Limiter le recours aux juridictions étrangères ou aux arbitrages internationaux, souvent perçus comme désavantageux pour les États africains.

En définitive, un tribunal minier dans le cadre du programme Simandou 2040 représenterait un levier essentiel pour :

• Assurer une gestion efficace et équitable des ressources minières.

• Protéger les droits de toutes les parties prenantes, en particulier les communautés locales.

• Renforcer l’attractivité du secteur minier guinéen pour les investisseurs.

Pour atteindre ces objectifs, ce tribunal devra être bien structuré, doté des ressources nécessaires et fonctionner dans un cadre transparent. Une telle institution garantirait non seulement une exploitation minière durable, mais aussi une meilleure contribution de ce secteur au développement économique et social de la Guinée.

Mohamed Diawara, Président du Tribunal du Travail de Conakry

Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com

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